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Le cinéma

Vous avez dit "cinéma"?

Un cheval galope:

Si on prend de très nombreuses photographies successives de la scène. Si on les fait ensuite défiler rapidement sous nos yeux, en les projetant par exemple, nous aurons l'impression d'un mouvement continu. Il devient possible de recréer le mouvement, la vie, grâceà un phénomène appellé "persistance rétinienne". Ce que l'on nomme la persistence rétinienne est une propriéte de l'oeil qui maintient la sensation la sensation lumineuse un tiers de seconde après la disparition de la source d'exitation. 'est grâce à ce phénomène qu'est née l'idée de restituer le mouvement, par une suite rapide d'images fixes que notre vision enchaînerait.

















Le matériel ou qu'est-ce qu'une caméra?

La caméra c'est d'abord un appareil photographique. Elle se compose d'une chambre noire, d'un objectif et d'un obturateur. On y place une pellicule photosensible en celluloïde, recouverte de sels d'argent que la lumièreva impressionner. La caméra décompose le mouvement en 24 images par secondes, Chacume s'appelle un photogramme.

Pour enregistrer les images, il faut une longue pellicule, qui se déroule d'une bobine débitrice vers une bobine réceptrice contenue dans des chargeurs ou magasins. La pellicule passe par un couloir qui la guide derrière l'objectif, là où se situe la fenêtre de prise de vue. Cette pellicule a des perforations latérales que des griffes, propulées par une came font avancer, s'arrêter, avancer... vingt quatre fois par seconde. Lorque la pellicule avance, l'obturateur est fermé, lorqu'elle s'arrête, il s'ouvre, le temps d'impresionner une image appellée un photogramme.

Des images en mouvement:

Aujourd'hui comme hier, pour monter des images, les faire vivre, et pour raconter une histoire, deux solutions s'offrent à nous: dessiner ou photographier. La première aboutit au dessin animé, la seconde ... au cinéma.

Alors, comment fait-on bouger une image?

- En la projetant d'abord. Dès 1671 Kircher décrit la lanterne magique: "les dessins en couleurs peints au pinceau sur une petite plaque de verre, sont projetés sur le mur à l'aide d'une puissante lampe".

Lanterne magique et plaque du Petit Chaperon rouge , milieu du XIXe siècle.

- En décomposant le mouvement en vues successives. Le phénomène de la persistance rétinienne a été étudié et en 1880, un instituteur Emile Reynaud, invente le praxinoscope-théâtre. Il se compose d'une boîte dont le couvercle est percé d'une fenêtre, d'un décor fixe dessiné sur une planchette, d'un dispositif central de miroirs à facettes, surmonté d'une lampe. d'un plateau circulaire tournant à l'intérieur duquel est disposée une bande de douze images qui se reflètent dans les miroirs. Cette fois, l'image s'anima, les personnages bougent, sautent et plongent.

"Praxinoscope - théâtre" - gravure 1880.

Bien sûr, l'invention de la photographie a été pour le cinéma une réelle bouffée d'oxygène. Après les géniales inventions de Nièpce, Daguerre et Talbot, lorsque le français Marey conçoit son fusil chronophotographique, on est tout près du cinéma. Cet appareil produit en effet une succession interrompue de photos sur une bande continue. Et pour capturer le galop d'un cheval de course, Muybridge met au point une expérience: le long d'un champ de course il place douze appareils photographiques, espacés régulièrement qui se déclanchent automatiquement au passage d'un cheval. Il obtient ainsi un mouvement décomposé de douze photos.

Edward MUYBRIDGE "Décomposition du mouvement d'un cheval au galop"

C'est en 1895 que deux industriels Lyonnais Auguste et Louis Lumière déposent le brevet du cinématographe: un appareil unique qui permet la prise de vue et la projection.

En date du 28 décembre très exactement, ils organisent Boulevard des Capucines à Paris, la première présentation publique et payante d'un spectacle cinématographique. Chaque spectateur a payé 1F. pour voir dix films d'environ 1minute chacun: "la sortie des usines Lumière" - "L'arrivée du train en gare de la Ciotat" -"L'arroseur arrosé". Alors là, le cinéma est déjà né. C'est la nature prise sur le fait " dirot alors les critiques.

L'arrivée en gare de la Ciotat.

Entre fiction et réalité:

A ses tous débuts, le cinéma n'intéresse encore que les scientifiques et les forains. Les premiers por l'exploration du réel, les autres pour la magie de l'illusion. Tandis que les opérateurs Lumière, véritables reporters, parcourent le monde, font du documentaire, filment la vie quotidienne, le curiosités naturelles, ou les grands évènements de leur temps, en un mot captent la réalité, l'équipe de Georges Mélies (1861, 1938) inventeur, magicine, illusionniste, s'enferme en studio, developpe, l'imaginaire et crée des fictions. l' Mélies transpose au cinéma le langage scénique: scénario, décor, costumes, et pour réaliser ses scènes fantastiques ou artistiques, il fait construire à Montreuil sous Bois le premier studio.

Croquis de G. Mélies pour son film "A la conquête du pôle"1912 Le fameux homme géant de carton -pâte

De la fixité à la mobilité:

La caméra des origines fixée à un trépied était peu mobile. C'est sur un chariot supportant le poids de la caméra et de l'opérateur que l'on effectuera en 1914 le premier travelling.

A partir de 1960 des caméras légères (16mm) ont permis de tourner plus librement, la caméra à l'épaule (Godard - Cassavetes). De nos jours, las caméras (35mm), se sont encore allégées et suspendues sous un hélicoptère ou emmenèes au plus profond des mers, elles effectuent parfois d'impressionnants mouvements.

L'appartion du son:.

Pendant 30 ans, le cinéma resta muet. Des musiciens accompagnaient parfois les projections. Le procéde "Vitaphone" inventé en 1927 , permit de coupler un disque avec un projecteur mais la synchronisation de l'image et du son restait encore aléatoire. C'est en 1930 que s'imposa un procédé optique , inscrivant le son, dans une piste sur les bords de la pellucule. La synchronisation est alors devenue parfaite. Vers 1950, l'invention du mégaphone a permis une prise de son encore plus fine et plus facile. il est à noter que certains cinéastes de Chaplin à Welles ou alors de Tati à Godard ont su jouer du rapport images et sons de façon magistrale.

Les couleurs:

Jusqu'en 1935, les films étaient uniquement en noir et blanc. La couleur vint alors sur trois pellicules différentes (technicolor). C'est après la guerre en 1951 que s'imposera la couleur sur une seule et même pellicule (Eastmancolor). Aujourd'hui, on dispose de pellicules couleurs très sensibles et, malgré la nostalgie ou la poésie qui s'y rattachent, peu de films sont réalisés en noir et blanc.

Le montage:

Pendant le tournage, on a filmé des kilomètres de pellicule, des heures de "rushes" qui sont les premières épreuves des différentes prises. Il faut ensuite choisir parmi ces prises. En coupant et en collant bout à bout la pellicule que l'on visionne sur la table de montage, on agence les divers plans, on les raccourcit volontiers selon la continuité et le rythme voulu. Le cinéma américain cultive plus que jamais, la vitesse, le montage-choc.

Du bouillonnement originel à l'âge d'or:

Des années 10 aux années 30, le cinéma encore muet est en ébullition. Il grandit aux Etats-Unis avec le burlesque de Chaplin ou de Keaton, les premiers westerns et les fresques histotiques ou dramatiques. En Allemagne de Murnau à Fritz Lang, il devient expressionniste: on notera la puisance de la lumière et des ombres, l'angularité des décors et la noirceur de l'image. En Russie, les cinéastes comme Eisenstein ou Vertov travaillent avec force le montage des images. En Europe, on mentionnera de grands réalisateurs nordiques comme Dreyer et ses films spiritualistes ou encore les avant-gardistes français comme Abel Gance et ses films épiques. Le cinéma devient vraiment un art majeur.

Entre 1930 et 1950, il connaîtson heure de gloire. C'est le règne des grands studios comme "Hollywood" sur lequel règne un puissant producteur ou Mogul. C'est l'époque des stars, comédiens réputés, au cachet royal et au statut privilégié. De grands réalisateurs s'illustrent alors de par le monde: Bunuel au Mexique, Renoir ou Visconti en Europe, Welles, Ford ou Lang aux Etats-Unis.

Le cinéma est alors l'industrie du rêve!

Michèle MORGAN Jean GABIN

Alfres HITCHCOCK Sofia LOREN

A Hollywood, quatre empires règnent sur la production américaine: "20th century Fox", "Paramoun"t, "Metro Goldwin Mayer" et "Warner brothers". Tous ont à leur tête de grands patrons. Chaque compagnie produit énormément de fims de rang A ou B en fonction de leur budget.

La France compte aussi d'importants studios comme Pathé ou Gaumont. Après la seconde guerre mondiale, le système tend à s'essouffler, les films produits tendent à une certaine académisation. la fin du règne des grands studios s'annonce et un nouveau cinéma émerge alors.

La nouvelle vague:

Le cinéma qui se développe après guerre abandonne le vieux système et l'esthétique désuète des studios pour un regard plus neuf, plus documentaire, moins artificiel. En Italie, Rossellini tourne sa caméra vers le monde brut, tel qu'il se présente. Dès 1950, en France, Bresson rompt avec ce qu'il appelle le théâtre filmé. Une dizaine d'année plus tard, Chabrol, Rhomer, Godrad, Truffaud tournent hors studio, avec une équipe réduite et souvent des acteurs non professionnels. Ils utilisent des matériels légers et font peu de prises des scènes afin d'obtenir pls de naturel et de fraîcheur.

Et le spectacle continue:

L'époque moderne a fait table rase. On assiste par la suite à un double phénomène. D'une part, le cinéma tente de résister à la concurrence de la télévision, en cultivant le spectaculaire, les effets spéciaux , en multipliant les écrans géants et d'autre part, des Etats-unis à l'Europe, de Coppola à Carax, il essaie de renouer avec les manières classiques.

Un siècle après la projection des frères Lumière à Paris, en 1995 maît Toy Story, film conçu et réalisé de façon entièrement numérique en trois dimensions, en utilisant la technique de la modélisation (acteurs, éclairages et caméra sont virtuels).

Toy Story

La vidéo:

Elle est née aux Etats-Unis vers 1955. Si un caméscope ressemble extérieurement à une caméra, l'intérieur est vraiment tout autre. L'image est analysée point par point et décomposée en petites implusions électriques. Ces informations s'inscrivent sur une bande magnétique lue sur un téléviseur ou passent en régie avant d'être diffusées à la télévision. C'est donc un nouveau type d'image, non plus photographique mais électronique.

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