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L'architecture

Vous avez dit "architecture"?

L'architecture est l'art de concevoir des édifices et des espaces, en fonction de choix techniques, fonctionnels et esthétiques. L'architecte cherche à concilier l'unité, l'esthétique et la solidité des formes habitées.

Espaces et formes: L'architecture à percevoir.

L'architecture peut être un objet formel, composé de volumes aux parois déssinées (palais isolé, ferme, ...) Elle peut être envisagée comme un espece, c'est à dire un vide porteur d'atmosphères spécifiques dans lesquelles les activités humaines prennent place. De l'extérieur, l'édifice est objet en relation avec l'horizon, voire le cosmos et les éléments. Il est partie d'un tout, créé la ville ou le paysage. De l'intérieur il est abri, demeure,lieu d'accueil. La dialectique architecturale intretient un rapport permanent entre l'intérieur et l'extérieur , le dedans, le dehors, l'environnement et la demeure.

A la différence des autres arts, l'architecture s'appréhende en marchant. C'est en se déplaçant que l'on peut ressentir le mieux les différents volumes qui définissent l'espace architectural , leur rythme et leur ccomposition.

Passage et déambulation, deux formes de la temporalité:

le pasage ou seuil, l'instant marqué par un changement de lieu, est particulièrement net lorsqu'un pénètre dans un édifice. Il est l'amorce d'une transition. Espace généralement semi-ouvert sur l'intérieur il permet l'adaptation progressive du public au privé, de l'affiché au secret (vestibule, sas sombre et réduit dea cathédrale, hall d'accueil d'un immeuble, entrée de la maison,maison traditionnelle chinoise avec entrée en chicane: le seuil est barré par un mur au second plan qui interdit tout accès au foyer.

Porche d'entrée de l'église de La Madeleine à VEZELAY.

Cette notion de passage peut se retrouver entre chaque séquence d'espace. Elle affirme l'identité des lieux qui se succèdent.

La déambulation, "la promenade architecturale" comme la nommait Le Corbusier permet de mieux prendre conscience de l'espace dans son entier. Elle permet de profiter des perspectives et des trois dimensions des bâtiments. Bien que perçue dans la dynamique du mouvement, l'architecture se lit par ses composantes statiques, lesvolumes, appréciables par leur forme, leurs dimensions, leur lumière, leurs matières.

La forme du volume:

De l'extérieur, la forme du volume est déterminée par les éléments qui participent à son édification. Dans l'architeture classique, le soubassement marque l'accroche à la terre, la couverture sec confronte au ciel et les façades du corps principal laissent deviner ce qu'il abrite.

Sainte-Sophie

A l'intérieur, la forme de l'espace, délimitée pas son enveloppe, influe sur les modes d'occupation. Des parois rectilignes créent des frontalités et des lignes fuyantes comme la succession des pièces au château de Versailles. Des surfaces courbes rabattent la perception de la paroi sur soi-même d'une manière enveloppante, comme celle d'un théâtre à l'italienne dont l'objectif est de concentrer l'attention d'une assemblée sur un point focal.

La hauteur du volume est souvent proportionnelle à la base. L'accentuation de la hauteur sous plafond crée un impression d'aspiration vers le haut. Les cathédrales gothiques le démontrent avec élégance proposant un lieu de prière aussi bien orienté vers l'autel que vers le ciel. A l'inverse, le plafond bas sera très présent, et provoquera l'écrasement, comme l'accès aux tombeaux égyptiens dont la géométrie laisse percevoir la pesanteur, réelle et symbolique de l'édifice.

Intérieur de la cathédrale de Chartres (Vers 1194-1221)

Des pleins et des vides.

La forme architecturale peut se comprendre dans l'exploration des contraires: espace et parois, transparence et masse, ouverture et mur, bloc et cour. Les oppositions entretenues entre ces contraires rythment les séquences d'espace. Dans les architectures classiques, le besoin d'éclairage des pièces correspond à des vides. Techniquement, la rencontre des planchers et des murs intérieurs avec la façade correspond à des pleins.

Gerrit RIETVELD 1923-24 "Maison Schröder" Utrecht -


Dans l'architecture méditerranéenne, le patio des habitations ouvre l'intérieur vers le ciel en préservant l'intimité et la fraîcheur pour domestiquer la lumière trop violente de ce climat.

Aujourd'hui, les résolutions techniques autorisent toute forme de percement des murs. la façade se transforme ainsi en une enveloppe dégagée du poids de l'édifice. La sphère de la Géode à Paris et la Pyramide du Louvre sont des formes géométriques élémentaires d'où ont disparu toutes notions de soubassement et de couverture au profit d'une enveloppe unifiante.

La géode

Jeu d'ombre et de lumière:

Pour Le Corbusier, l'architecture se définit comme "le jeu savant, correct et magnifique des volumes assembles sous la lumière'.

Eglise du monastère St Pierre de Roda" - 1022

Le Corbusier - Vue intérieure de la "chapelle Notre Dame du Haut" à Ronchamp

A l'intérieur, l'effet lumineux est d'autant plus saisissant que l'nememble est sombre, comme dans certaines églises primitives, où les ouvertres étroites ne laissent passer qu'un faisceau de lumière, accentuant le mystère des lieux. A l'inverse de larges baies vitrées dilatent l'espace jusqu'à abolir parfois toute frontière entre l' intérieur et l'extérieur.

Matière et matériaux: un langage spécifique:

L'expression de la forme de l'édifice sera très liée à ses matériaux et à leurs techniques de mise en oeuvre. L'aspect massif d'un mur de brique ou de béton n'a pas la même signification que la légèreté d'une structure métallique ou que la transparence d'une paroi vitrée. La fondation Cartier de Jean Nouvel à Paris faite d'une succession de murs de verre est à la fois transparence et reflet, instaurant un dialogue subtil entre les salles d'exposition et la rue.

Jean NOUVEL, E. CATTANI & Associés - "La fondation Cartier" Paris, 1994

Mario BOTTA 1988-1995 Cathédrale d'Evry.

Ioeh Ming Pei - "La pyramide du Louvre 1983-1988.

La fonction architecturale.

Le programme fonctionnel décrit l'affectation des pièces; leur hiérarchie, leurs fonctions, leurs dilensions.

Organiser et distribuer:

Les espaces élémentaires d'un bâtiment sont agencés selon un dispositif qui les situe les uns par rapport aux autres: proximité, éloignement, conitguïté, isolement, interpénétration.

Un plan en étoile depuis le hall d'entrée conjugue la nécessité d'un espace central de passage et celle de lieux plus isolés. Une distribution en peigne crée un axe fort qui relie toutes les zones.

Le programme architectural comprend un cahier des charges que l'architecte complète et enrichit par sa création.

Suggérer avant tout la vie:

C"est dans le dépassement des données purement fonstionnelles comme le nombre de pièces ou de mètres carrés et par la création de formes d'espace porteuses de plaisir et de signification que s'opère cette alchimie qui crée l'émotion. Lorsqu'un couloir devient une invitation à la déambulation parcequ'il jouit d'unebelle lumière; de points de vues variés et qu'il n'est pas uniforme. Lorsqu'un préau devient amphithéâtre parce que sa forme l'autorise... ces formes deviennent autant de suggestions à vivre le lieu autrement.

Pas d'architecture asns techniques:

L'acte de constriure poursuit un objectif universel et permanent, celui de lutter contre les forces naturelles et en tout premier lieu; contre la pesanteur. L'élévation du premier dolmen en témoigne.

Dolmen

Les murs peuvent être réalisés de deux façons;

- par l'empilement de blocs (pierres briques,...) dont la tenue est améliorée entre eux par un liant. Ce mode de construction procède du plein et du massif.

- par l'assemblage de poteaux, de poutres, réalisant une ossature à l'intérieur de laquelle d'autres matérieux viendont constituer un remplissage destiné à isoler de l'extérieur. Cette tehnique permet des constructions légères, voire transparentes.

L'impact technologique:

Pendant de nombreux siècles, les techniques constructives se sont développées à partir des ressources locales. Cela a contribué à l'identité de bâti entre chaque territoire. Avec le développément des sciences appliquées dès la fin du XVIIIe siècle les matériaux aux caractéristiques nouvelles laissent entrevoir d'autres formes d'expression. La fonte et le fer ont permis l'édification de charpentes de grandes dimensions.

Parmi les découvertes majeures du XXe siècle, on citera le béton armé dont l'ingéniosité consiste à cumuler les capacités complémentaires de résistance des deux éléments qui le constituent, le fer et le béton. Parce qu'il est moulable, il autorise la ralisation de formes qui prennent leur origine dans le dessin plastique de l'architecte autant que dans les capacités techniques de la matière.

Le verre, matériau de lumière est rapidement apparu dans l'édifiaction des façades.Les progrès dans sa fabrication autorisent des surfaces vitrées de plus en plus importantes. Cette technique contemporaine qui joue du reflet autant que de la transparence transforme la perception de solidité du bâti vers une fragilité trompeuse.

Renzo PIANO Richard ROGERS 1971-77 "Le centre Pompidou"

Entre nature et bâti.

La relation entre nature et bâti procède d'une réciprocité forte, l'un agissant sur l'autre et inversement.

Intégration dans le paysage:

L'installation d'une architecture dans un paysage s'inspire toujours des qualités du site d'implantation. Les vallons choisis par les cisterciens pour implanter leur abbaye rassemblent des caractères sacrés inscrits dans une symbolique savante qui se fait écho de celles de bâtiments.

La position stratégique des châteaux-forts sur leurs promontoirs participe autant àla défense militaire que l'épaisseur des murs bâtis. Le parti pris peut-être aussi esthétique comme la fameuse maison sur la cascade de Franck Lloyd Wright qui, avec hardiesse oppose aux rochers desouvrages en porte-à-faux, d'oùjaillit une cascade affirmant une puissance bâtie en véritable dialogue avec les éléments.

Frank Llyod Wright " Maison Kauffman" ou "Maison à la cascade" à Bear Run, 1935-37.

Intégration à la ville:

A l'échelle d'un monument, l'intégration est souvent d'ordre symbolique. Le cas de la grande arche de la défense, immeuble de bureaux dessiné par l'architecte danois Otto Sprekelsen est révélateur. Sa forme d'arche s'inscrit dans la perspective historique de Paris et ses dimensions le placent à l'échelle du quartier. Il assure un lien fort entre deux formes de la ville, Historique et contemporaine, tout en donnant une cohésion à ce quartier d'affaires.

Johann Van Otto SPRECKELSEN "La grande arche" , 1982-89.

Plus modestement à l'échelle de la rue ou de l'îlot, l'insertion de l'architecture est de l'ordre du dialogue. L'architecture ne procède pas d'une démarche linéaire. Chacun des facteurs qui la constituent interfère sur l'autre pour aboutir à un ensemble plus riche que la somme de ses composantes. Ainsi Pierre Riboulet dans "Naissance d'un hôpital" note le déroulement de sa création et précise: "l'architecte doit penser dans un mouvement de synthèse, unissant forme et contenu, fonction et usage, site et environnement".

Franck O'Gehry "Musée Guggenheim de Bilbao" 1991-97.

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