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La photographie

Vous avez dit "photographie"?

Naissance de la photographie.

Fin d'été1839, tout Paris est en effervescence. Chacun raconte, commente, la démonstration que Jacques Mandé-Daguerre a réalisé le 19 Aoüt devant l'académie des sciences et des beaux-arts.

Rendez-vous compte!... Ce Monsieur Daguerre a présenté aux académiciens plusieurs vues de Paris en dégradé de gris, inscrites sur des plaques métalliques...mais le plus fort, c'est que ce Monsieur Daguerre n'est pas un dessinateur de génie. Cette représentation appellée daguerréotype est en fait l'oeuvre d'une... machine!"

L.J.MANDE-DAGUERRE: 1838 "Vue du Bd du Temple" - Daguerréotype.

Savant, homme politique, bourgeois, gens du peuple, tous ont conscience de vivre l'avènement d'une nouvelle science et d'un nouvel art. Mais comment le nommer? Certains murmurent déjà le mot tout neuf suggéré par Herschel, un chimiste anglais: "PHOTOGRAPHIE", littéralement "écrire avec la lumière".

Une longue histoire:

La caméra obscura.

Dès le origines de l'histoire de l'art, l'une des préoccupations des artistes a été de représenter la nature le plus fidèlement possible. Au XVIe siècle, peintres et dessinateurs ont un objectif, améliorer la précision des effets de perspective de leurs oeuvres. Ils utilisent la caméra obscura décrite pour la première fois par Aristote, quatre siècles avant J.C. car, depuis cette époque, on sait mettre la réalité en boîte.Il suffit de percer un petit trou (sténopé), dans une boîte noire (caméra obscura), pour voir apparaître une image inversée dans le fond blanc de la boîte. C'est l'ancêtre de la chambre noire, le boîtier de nos appareils photos modernes.

Mais comment parvenir à fixer cette image, à la reproduire? Il faudra attendre plusieurs siècles pour que la chimie apporte à la lumière de quoi écrire...

Niecéphore NIEPCE

Un beau jour de 1862 Niecéphore NIEPCE, un inventeur de Châlons sur Saône enduit patiemment une plaque d'étain avec du bitume de Judée. Le bitume de Judée est une sorte d'asphalte de goudron brun et visqueux utilisé par les graveurs. Il positionne la plaque dans une chambre noire placée devant une fenêtre de sa vaste demeure de St Loup de Varennes en Saône et loire et ... il attend. comme beaucoup de savants, il espère sécrètement avoir trouvé la substance chimique qui réagira sufisamment à la lumière pour enregistrer l'image formée dans la chambre noire.

Après plus de huit heures de pose, il retire fébrilement la plaque, ... rien! Et pour autant, il ne se décourage pas, il a même une intuition. "Et si, malgré les apparences, l'image était tout de même là, invisible, latente, ne demandant qu'à être révélée?"

Il lave sa plaque avec de l'essence de lavande parce que celle-ci dissout le bitume de Judée. Des ombres et des zones plus claires apparaissent dessinant les contours des bâtiments situés devant sa fenêtre. Niépce est alors en train de fabriquer la plus ancienne photographie qui soit parvenue jusqu'à nous.

Son procédé est alors appelé HIELOGRAPHIE: Ecrire avec le soleil.

Jacques MANDE-DAGUERRE:

Niepce s'allie à Daguerre qui lui remplace le bitume de Judée par de l'iodure d'argent qui noircit à la lumière. Daguerre découvre également que les vapeurs de mercure permettent d'activer l'apparition de l'image. Cette amplification de l'impression lumineuse ramène le temps de pose de plusieurs heures à quelques minutes selon l'ensoleillement. Par ailleurs, il emploie de l'eau salée qui joue le même rôle que l'essence de lavande c'est à dire dissoudre les parties qui n'ont pas réagi à la lumière.

En faisant apparaître l'image puis en la fixant, il a inventé le développement moderne. En 1839, il promeut son invention auprès du savant et député François Arago qui lui apporte son soutien.

H. BAYARD 1840-"Autoportrait en noyé" Félix NADAR 1855 -"Charles Beaudelaire"

Les fondements de la photographie sont en place mais le daguerréotype est loin d'être parfait: l'équipement des lourd, lesplaques en argent coûteuses, mais surtout, chaque cliché est unique.

William Henry Fox Talbot

En 1841, un scientifique amateur anglais, William Henry Fox Talbot brevète un procédé photographique: le calotype. Il expose au soleil une simple feuille de papier enduite de chlorure d'argent et d'aide gallique. Les zones les plus touchées par la lumière s'assombrissent, les autres s'éclairent: une image négative apparaît. Mais mieux encore, il découvre qu'il suffit de presser le négatif sur un papier sensibilisé lui aussi au chlorure d'argent et de l'éclairer violemment pour obtenir une image positive. Et ce autant de fois qu'on le désire.

Cette fois ci, avec la découverte du négatif et du tirage papier, l'art photographique est au complet!

Calotype de William Henry Fox Talbot

Dans la seconde moitié du XIXe Siècle, une foule d'inventeurs se passionne pour cet art nouveau. En 1851 La technique du collodion humide (Frédéric Scott Archer) remplace le négatif papier par un négatif en verre. l'image fiale est de bien meilleure qualité, mais ce procédé est lourd car les plaques doivent être préparées juste avant l'utilisation. Pas très pratique!...

En 1871 Richard Leach Maddoch propulse la technique photograhique dans l'ère moderne: il remplace le collodion par de la gélatine et le nitrate d'argent par du bromure d'argent. Les plaques peuvent être préparées à l'avance et transportées sèches. Il suffit de les réhydrater avant utilisation. Il devient possible de les fabriquer à l'échelle industrielle et de faire ainsi baisser les coûts.

En fin de siècle, les chimistes proposent des méthodes pour développer les plaques qui ne doivent plus rien au hasard, avec des temps de pose bien inférieurs à la seconde, ce qui permet de saisir le moindre mouvement.

Georges Eastman

C'est l'américain Georges Eastman qui va démocratiser la photographie. En 1888, il remplace les plaques de verre par une bande de papier enduite d'une émulsion au gélatino-bromure d'argent. C'est la première pellicule. Il la charge dans un boîtier tout simple, muni d'un objectif. C'est le premier "Kodak".

Le succès de cet appareil élémentaire et bon marché sera foudroyant. Tout aulong du XXe siècle les techniques évolueront peu. La principale innovation sera le flash, développé dans les années 1910-1920, qui permet d'emmener la lumière avec soi.

Quelques photographies:

Jacques Henri LARTIGUE : 1912 "Le Grand prix de l'ACF" - Photographie argentique.

Moholy Nagy

H. EDGERTON 1957 "Couronne de lait" H. EDGERTON -"Le joueur de golf"

DOISNEAU: "L'école" DOISNEAU : "Le baiser"

Wanda WULZ 1932 "Moi + chat" - Papier au gélatino bromure.

Cette superposition d'un autoportrait et de la tête d'un chat a été obtenue avec plusieurs négatifs.

Robert CAPA - 1936 "Mort d'un républicain devant Cordoue". Papier au gélatino bromure.

BRASSAI

MAN RAY (Emmanuel RUDNITSKY) 1924 "Le violon d'Ingres"

Nick (Huynh Cong) Ut -Saïgon (Viet.) - 1972 "Enfants fuyant une attaque américaine au napalm". Papier au gélatino bromure.

Edwin ALDRIN 1969 "Buzz"

Cette photographie d'Edwin ALDRIN surnommée "BUZZ" l'un des premiers hommes à marcher sur la lune, a été prise le 20 Juillet 1969 avec un appareil spécial (un Hasselblad). Vu l'importance de l'évènement, ce cliché s'inscrit rapidement dans la légende du XXe siècle.

Andy WARHOL "Autoportraits"

Herb RITTS 1987 "Madonna" Papier au bromore d'argent.

Madonna réincarne ici Marilyn Monroe et revisite le look de James Dean. Herb Ritts est l'un des portraitises de célébrités les plus connus des années 80-90.


La révolution numérique:

Depuis des années la photographie connaît une nouvelle révolution, de chimique, elle devient électronique. l'émulsion argentique est remplacée par un tapis de diodes CCD, des composants électroniques qui émettent un petit courant lorsqu'ils sont éclairés. L'images est ainsi décomposée en millions de points élémentaires, les pixels. L'information qu'ils transportent peut être codée en langage binaire (une suite de 0 et de 1), l'image est devenue un alignement de nombres!

Mais la révolution numérique s'effectue aussi d'une autre manière. Bien sûr la circulation des images, d'ordinateur à ordinateur, se fait presque à la vitesse de la lumière mais ce qui est vraiment nouveau, c'est le traitement de l'image. A l'aide d'un ordinateur et d'un logiciel, il est possible d'agirsur la couleur et la luminosité de chaque pixel. Retoucher une photo numérique devient à la portée de tout un chacun.

Désormais la photographie permet de déformer la réalité, de jouer avec elle. Joli renversement de perspective losqu'on songe au rêve des artistes de la Renaissance: créer une image de la réalité aussi fidèle que celle de la caméra ocbscura.


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